01/09/2017

Château La Coste

Acquis en 2004 par l'homme d'affaires irlandais Patrick « Paddy » McKillen, ouvert au public depuis 2011, le château La Coste est aujourd'hui à la fois un vignoble, un complexe hôtelier et un centre d'art dont les collections, la programmation et l'architecture ont de quoi faire pâlir d'envie un grand nombre d'institutions culturelles.

Si le domaine abrite maintenant aussi un espace d'exposition plus classique, sa grande idée d'origine est son parcours "art et architecture" qui emmène le promeneur sur les sentiers, entre les vignes puis sur les collines entre les chênes, découvrir les installations in-situ de certains des plus grands noms du land art et de la sculpture monumentale.
C'est en effet un casting de rêve avec côté pièces Tracey Emin, Liam Gillick, Andy Goldsworthy, Richard Serra, Sean Scully, Franz West ou encore Louise Bourgeois et côté architecture Frank O. Gehry, Jean Nouvel et Tadao Ando...

Si le lieu mérite indiscutablement une visite, difficile néanmoins de ne pas se montrer critique face à cette sélection qui fait parfois plus un effet de name dropping que de choix de mécène.
Si on s'amuse à y regarder de plus près on verra ainsi que l'âge moyen des artistes invitées est de 66 ans, et que le prix d'acquisition des oeuvres doit varier entre la centaine de millier et le million d'euros en fonction des côtes de chacun.
Une collection dans laquelle Othoniel, du haut de ses 53 ans est le benjamin et Andy Goldsworthy, malgré sa notoriété, fait figure de petit poucet avec sa 2500ème position dans le classement Artnet.
On est donc ici aux antipodes de la prise de risques ou du soutien à la jeune création, si l'on met de côté Larry Neufeld, seul vrai inconnu parmi la vingtaine de créateurs présents.

La sensation que les oeuvres jouent ici, avant tout, un rôle de marqueur social et un affichage de puissance, est accentuée par les toutes nouvelles villas ouvertes dans le vignoble. Leurs tarifs de location oscillent entre 600 (la plus petite en basse saison) et 2500 euros/la nuit (pour la plus grande en haute saison). Soit une nuitée en moyenne de l'ordre du salaire mensuel médian français ; l'expérience est bien évidement réservée aux ultra-riches, auxquels la hauteur du droit d'entrée garantit l'entre-soi.

Le château La Coste est un lieu exceptionnel dont la visite est à la fois enthousiasmante quand on y déambule et profondément déprimante dans les réflexions qu'elle suscite après coup. Elle rappelle que l'art contemporain est à l'image du reste du monde, subissant un phénomène de concentration des richesses.
Dans une région où, dans ce qu'il convient maintenant d'appeler le siècle dernier, Cocteau ou Vasarely faisaient la décoration de salles des fêtes, les collectivités locales seraient aujourd'hui incapables d'acquérir une oeuvre d'un artiste de notoriété équivalente. Alors que l'art contemporain bat régulièrement des records en salle de vente, plus de la moitié des cotisants à la maison des artistes n'arrive pas à atteindre le montant de ventes leurs permettant d'y être affiliés.

Une araignée de Louise Bourgeois, devant la bâtiment d'accueil du domaine.



Les ponts de Larry Neufeld, avec en arrière plan la pièce monumentale de Sean Scully.


Sean Scully.

Une phallus signé Franz West.

Une pierre, son ombre peinte, son ombre réelle, une pièce belle et simple de Lee Ufan.


La croix de la petite chapelle, création de l'artiste français Jean-Michel Othoniel.
Drop, une sculpture cinétique de Tom Shannon.




11/06/2017

Actualités en juin

En attendant un petit article relatant notre week-end aux Multiple Art Days, voici les événements auxquels nous participons en juin avec l'Insolante :






The Hoochie Coochie Circus #3


Troisième édition du salon organisé par les éditions The Hoochie Coochie. Au menu de ce nouvel épisode, bande dessinée, illustration jeunesse et image imprimée...
L'Insolante y présentera, entre autres, le tout nouveau tome 2 des aventures de St Julien l'Hospitalier de Claire Pedot.

samedi 17 juin et dimanche 18 juin, de 14:00 à 20:00
concert le samedi entre 21:00 et minuit

détails sur facebook

La Générale
14 Avenue Parmentier 

75011 Paris




Summer Gang


Petit salon organisé par l'Atelier Meraki et les illustratrices GRODUK & BOUCAR, on y trouvera un mix de créateurs indépendants, avec aussi bien de la mode que de l'estampe ou du tatouage.

du 16 juin au 25 juin
détails sur facebook

Atelier Meraki
14-16 Rue Neuve Popincourt
75011 Paris





Colossal Dots Adventure


Dans le cadre de son partenariat avec le Fanzines! Festival, l'Insolante accueille cette année les illustrateurs Pia-Mélissa Laroche et Olive Booger.
A cette occasion, l'atelier édite et expose un jeu de sérigraphies issues de cette rencontre.

Du 22 au 28 juin, vernissage mercredi 21 à partir de 18h
plus d'infos très prochainement sur notre mur facebook

L'Insolante
33 rue de la Réunion
75020 Paris



Fanzines! festival — Salon d'édition

Pour sa 7ème édition, le festival change de saison mais retrouve comme l'année dernière la folie L5 à la Villette. Retrouvez-nous au stand de l'Insolante pour ce grand rendez-vous de l'édition indépendante !

le 24 juin de 11h à 21h
le 25 juin de 12h à 19h

Villette Makerz 
Folie L5
Parc de la Villette
75020 Paris

31/05/2017

After MAD

Le MAD (Multiple Art Days) est une foire d'art, qui, comme son nom l'indique, se consacre aux pratiques contemporaine de l'édition.
Organisée en partenariat par l'atelier Michael Woolworth, imprimeur et éditeur, et le CNEAI, centre national d'art contemporain, elle se distingue des autres foires parisiennes en ce qu'elle présente un panorama dans lequel on trouve non seulement tous les aspects du multiple d'artiste mais aussi tous ces acteurs.

En cela le stand sur lequel j'ai eu le plaisir d'être était tout à fait représentatif de l'esprit de MAD. Nous étions trois structures : Born and Die, éditeurs d'objets d'artistes et d'une revue éponyme, fruit de la rencontre d'un graphiste et d'une curatrice, Supernova qui présentait ses livres et revues ainsi que des multiples du tandem Magali Daniaux & Cédric Pigot et enfin l'Insolante, notre atelier de sérigraphie qui sévit maintenant aussi comme éditeur d'estampes et collectif d'artistes.

Au menu donc des revues papier, des livres, des vinyls, des sérigraphies, de la céramique, des cartes postales, une enseigne LED, un casque de réalité virtuelle et une gamme de prix qui va de deux à mille euros.





Dans le sens de la lecture, Bérénice Léfebvre, les buches de Clément Balcon (auteur aussi des maques), Adrien Vermont, les miroirs ainsi que le lutrin qui présente la série des Dorés de David Rybak.

02/01/2017

Nouvel année / nouveau site web







































Une bonne année à tous !
J'en profite pour vous signaler la mise à jour de mon site web sur lequel vous pouvez retrouver les pièces et photos des expos 2016. A très vite pour de nouvelles aventures !
http://davidrybak.fr/

11/12/2016

Mercadeaux à l'Insolante !


A l'occasion de ses trois ans, notre atelier de sérigraphie, l'Insolante, organise son premier marché de solstice d'hiver (ou de Noël) !
Deux soirées, le mardi 20 et le mercredi 21, où nous vous invitons à passer voir nos éditions autour d'un vin chaud, entre 18h et 21h.

N'hésitez pas à passer nous voir et à relayer l'info !

L'Insolante
33 rue de la Réunion
75020 Paris
M Buzenval 
www.linsolante.fr
https://www.facebook.com/linsolante

30/11/2016

Tapisser Partout, des photos et un peu de texte

Vue d'ensemble de l'exposition / Photo David Rybak
Same old, same old / Photo David Rybak
Vue d'ensemble, deuxième pièce de la galerie / Photo David Rybak

Rencontre entre les motifs de papier peint, ici le mien et celui de Claire Pedot / Photo David Rybak
Détail de l'intervention de Baptiste Caccia / Photo David Rybak
Clément Balcon et ses masques, exposé au sous-sol de la galerie / Photo David Rybak
Bien sûr les choses tournent mal, ma pièce en sable, au sous-sol de la galerie / Photo Clément Balcon


Nous étions exposés, avec mes collègues de l'Insolante, à l'Arondit, du 14 octobre au 12 novembre. Cette invitation faisait suite au dossier que nous avions envoyé en réponse à l'appel à candidatures de ce nouvel espace d'art, dont la vocation est d'offrir à "des artistes réunis en collectifs de présenter leurs travaux pour un projet commun".

Comme beaucoup d'autres jeunes artistes, nous travaillons de facto collectivement, partageant un espace et un outil de production, notre atelier de sérigraphie. Pour reprendre un terme très en vogue, c'est un artist run space, où nous cherchons, en mutualisant les moyens, à trouver les modalités de production et de diffusion d’œuvres - en parallèle / en plus / à côté - de ce que notre accès au marché de l'art nous permet. Ce qui nous amène à concevoir des éditions, organiser des expositions, rejoindre des salons, etc.  

Si on trouve forcément des liens entre les travaux d'artistes de ce type de collectif "de moyens", ils sont plus imputables aux emprunts inconscients, à l'air du temps et aux outils communs qu'à une démarche partagée.
Dans le cas de notre exposition, au delà des jeux sur le motif autour desquels nous avions construit notre projet, on pouvait trouver des réflexions sur l'unique/multiple inhérente à la pratique de la sérigraphie mais aussi plusieurs pièces, qui en jouant sur l'éphémère, se retrouvaient dans une certaine idée de la mélancolie.
Que ce soit les Memento Mori de Benjamin Grafmeyer, impressions au nitrate d'argent vouées à s'altérer en fonction de leur exposition à la lumière, les installations florales de Baptiste Caccia, dont les roses baignaient dans le substrat de sa peinture ou encore ma pièce en sable coloré qui en plus des altérations subies lors de l'exposition était destinée à une disparation totale, on retrouve un rapport au temps qui s'écoule et une même idée de fragilité.
Ces idées sont aussi, d'une autre manière, dans les masques de Clément Balcon, qui décomposent les variations d'expressions d'actrices, instants par définitions fugaces, et finalement aussi (même si elle réfuterait peut-être cette lecture) dans le motif d'apocalypse choisi par Claire Pedot pour son papier peint, qui, dans son sens commun, évoque la fin du monde. Voilà pour l'air du temps.

En cela, nos collectifs d'artistes contemporains n'ont plus rien à voir avec les groupes d'artistes modernes, qui ne partageaient pas un atelier mais se retrouvaient autour d'un programme, le plus souvent esthétique comme social, qui donnait lieu à un manifeste.  
Si certains critiques (et il faut d'emblée dire qu'ils sont peu nombreux) continuent à chercher ce qui rapprochent des artistes, on constate qu'il s'agit de moins en moins de travailler avec (ou à partir) d'un groupe de créateurs formé de manière autonome mais plus d'un agrégat d'individualités qui, sans se fréquenter, utilisent pourtant des concepts similaires - A ce titre le dernier ouvrage de référence reste à ma connaissance l’esthétique relationnelle de Nicolas Bourriaud -. 

En ne proposant pas d'exposition personnelle ou d'exposition collective organisée par un commissaire (ou collectionneur) visionnaire, l'Arondit est à contre courant des modèles actuels de la galerie et de la fondation. Bien qu'il soit proche de ce dernier, dans la mesure où il doit son existence à deux mécènes, il ne ressemble en rien aux fondations de collectionneurs ou d'entreprises qui continuent de pousser à Paris ; il n'est ni l'outil de la promotion de ces fondateurs, ni l'écrin de leurs collections personnelles (on remarquera d'ailleurs que leurs noms ne figurent même pas sur le site du lieu).
Tout cela fait de cet espace d'art un objet inhabituel dans le paysage des institutions culturelles parisiennes. Pour les artistes c'est une opportunité de monter au cœur de la capitale des projets qui restent souvent confinés aux ateliers de la périphérie parisienne. 





06/11/2016

Tapisser partout / notre exposition à l'Arondit

Nous avons été invité avec mes collègues de l'Insolante à réaliser une exposition collective à l'Arondit, espace d'art récemment ouvert en plein cœur de Paris sous la direction artistique de Romain Semeytis (fondateur de la revue Le Chassis).

L'exposition est encore visible une semaine, passez la voir !

Tapisser partout, une proposition de l'Insolante
avec Baptiste Caccia, Claire Pedot, Clément Balcon, Benjamin Grafmeyer et David Rybak
à l'Arondit
98 rue Quincampoix
ouvert du jeudi au samedi, de 14h à 19h


28/10/2016

Para ti y por ti


Après une première collaboration avec le Fanzines! Festival qui avait donné lieu l'année dernière à un travail d'édition avec des auteurs de la maison Anathème, nous avons cette année remis le couvert avec deux auteurs, Pina Chang et Lola Lorente.

Le travail avec les deux artistes a donné lieu à la création d'un port-folio de sérigraphies (à découvrir à l'atelier et très bientôt sur notre site) et à une exposition dans notre local de la rue de la Réunion.
En voici quelques images...