02/01/2017

Nouvel année / nouveau site web







































Une bonne année à tous !
J'en profite pour vous signaler la mise à jour de mon site web sur lequel vous pouvez retrouver les pièces et photos des expos 2016. A très vite pour de nouvelles aventures !
http://davidrybak.fr/

11/12/2016

Mercadeaux à l'Insolante !


A l'occasion de ses trois ans, notre atelier de sérigraphie, l'Insolante, organise son premier marché de solstice d'hiver (ou de Noël) !
Deux soirées, le mardi 20 et le mercredi 21, où nous vous invitons à passer voir nos éditions autour d'un vin chaud, entre 18h et 21h.

N'hésitez pas à passer nous voir et à relayer l'info !

L'Insolante
33 rue de la Réunion
75020 Paris
M Buzenval 
www.linsolante.fr
https://www.facebook.com/linsolante

30/11/2016

Tapisser Partout, des photos et un peu de texte

Vue d'ensemble de l'exposition / Photo David Rybak
Same old, same old / Photo David Rybak
Vue d'ensemble, deuxième pièce de la galerie / Photo David Rybak

Rencontre entre les motifs de papier peint, ici le mien et celui de Claire Pedot / Photo David Rybak
Détail de l'intervention de Baptiste Caccia / Photo David Rybak
Clément Balcon et ses masques, exposé au sous-sol de la galerie / Photo David Rybak
Bien sûr les choses tournent mal, ma pièce en sable, au sous-sol de la galerie / Photo Clément Balcon


Nous étions exposés, avec mes collègues de l'Insolante, à l'Arondit, du 14 octobre au 12 novembre. Cette invitation faisait suite au dossier que nous avions envoyé en réponse à l'appel à candidatures de ce nouvel espace d'art, dont la vocation est d'offrir à "des artistes réunis en collectifs de présenter leurs travaux pour un projet commun".

Comme beaucoup d'autres jeunes artistes, nous travaillons de facto collectivement, partageant un espace et un outil de production, notre atelier de sérigraphie. Pour reprendre un terme très en vogue, c'est un artist run space, où nous cherchons, en mutualisant les moyens, à trouver les modalités de production et de diffusion d’œuvres - en parallèle / en plus / à côté - de ce que notre accès au marché de l'art nous permet. Ce qui nous amène à concevoir des éditions, organiser des expositions, rejoindre des salons, etc.  

Si on trouve forcément des liens entre les travaux d'artistes de ce type de collectif "de moyens", ils sont plus imputables aux emprunts inconscients, à l'air du temps et aux outils communs qu'à une démarche partagée.
Dans le cas de notre exposition, au delà des jeux sur le motif autour desquels nous avions construit notre projet, on pouvait trouver des réflexions sur l'unique/multiple inhérente à la pratique de la sérigraphie mais aussi plusieurs pièces, qui en jouant sur l'éphémère, se retrouvaient dans une certaine idée de la mélancolie.
Que ce soit les Memento Mori de Benjamin Grafmeyer, impressions au nitrate d'argent vouées à s'altérer en fonction de leur exposition à la lumière, les installations florales de Baptiste Caccia, dont les roses baignaient dans le substrat de sa peinture ou encore ma pièce en sable coloré qui en plus des altérations subies lors de l'exposition était destinée à une disparation totale, on retrouve un rapport au temps qui s'écoule et une même idée de fragilité.
Ces idées sont aussi, d'une autre manière, dans les masques de Clément Balcon, qui décomposent les variations d'expressions d'actrices, instants par définitions fugaces, et finalement aussi (même si elle réfuterait peut-être cette lecture) dans le motif d'apocalypse choisi par Claire Pedot pour son papier peint, qui, dans son sens commun, évoque la fin du monde. Voilà pour l'air du temps.

En cela, nos collectifs d'artistes contemporains n'ont plus rien à voir avec les groupes d'artistes modernes, qui ne partageaient pas un atelier mais se retrouvaient autour d'un programme, le plus souvent esthétique comme social, qui donnait lieu à un manifeste.  
Si certains critiques (et il faut d'emblée dire qu'ils sont peu nombreux) continuent à chercher ce qui rapprochent des artistes, on constate qu'il s'agit de moins en moins de travailler avec (ou à partir) d'un groupe de créateurs formé de manière autonome mais plus d'un agrégat d'individualités qui, sans se fréquenter, utilisent pourtant des concepts similaires - A ce titre le dernier ouvrage de référence reste à ma connaissance l’esthétique relationnelle de Nicolas Bourriaud -. 

En ne proposant pas d'exposition personnelle ou d'exposition collective organisée par un commissaire (ou collectionneur) visionnaire, l'Arondit est à contre courant des modèles actuels de la galerie et de la fondation. Bien qu'il soit proche de ce dernier, dans la mesure où il doit son existence à deux mécènes, il ne ressemble en rien aux fondations de collectionneurs ou d'entreprises qui continuent de pousser à Paris ; il n'est ni l'outil de la promotion de ces fondateurs, ni l'écrin de leurs collections personnelles (on remarquera d'ailleurs que leurs noms ne figurent même pas sur le site du lieu).
Tout cela fait de cet espace d'art un objet inhabituel dans le paysage des institutions culturelles parisiennes. Pour les artistes c'est une opportunité de monter au cœur de la capitale des projets qui restent souvent confinés aux ateliers de la périphérie parisienne. 





06/11/2016

Tapisser partout / notre exposition à l'Arondit

Nous avons été invité avec mes collègues de l'Insolante à réaliser une exposition collective à l'Arondit, espace d'art récemment ouvert en plein cœur de Paris sous la direction artistique de Romain Semeytis (fondateur de la revue Le Chassis).

L'exposition est encore visible une semaine, passez la voir !

Tapisser partout, une proposition de l'Insolante
avec Baptiste Caccia, Claire Pedot, Clément Balcon, Benjamin Grafmeyer et David Rybak
à l'Arondit
98 rue Quincampoix
ouvert du jeudi au samedi, de 14h à 19h


28/10/2016

Para ti y por ti


Après une première collaboration avec le Fanzines! Festival qui avait donné lieu l'année dernière à un travail d'édition avec des auteurs de la maison Anathème, nous avons cette année remis le couvert avec deux auteurs, Pina Chang et Lola Lorente.

Le travail avec les deux artistes a donné lieu à la création d'un port-folio de sérigraphies (à découvrir à l'atelier et très bientôt sur notre site) et à une exposition dans notre local de la rue de la Réunion.
En voici quelques images...














29/06/2016

L'Insolante expose à 6T

























Pour la deuxième année consécutive, le bureau d'études 6T m'a demandé de réfléchir à un accrochage dans leurs locaux. L'année dernière, l'expérience avait donné la petite exposition "Je dis ça, je dis rien" (à voir ici), cette fois, j'ai élargi l'invitation à mes collègues de l'Insolante.

Exposition collective visible du 1er juillet au 13 octobre au 58 rue Corvisart, 75013.
Avec Baptiste Caccia, Clément Balcon, Benjamin Grafmeyer, Claire Pedot et David Rybak

16/05/2016

Jeux d'échanges

Peut-on se targuer d'avoir participé à une exposition à laquelle personne ne vous a invité ?

Du 13 au 17 avril dernier, s'est tenu à l'atelier chez Kit Jeux d'échanges. Une proposition d'accrochage expérimental, qui avait lieu dans le cadre du parcours d'art contemporain Coordonnées, organisée par l'association Bulb. 



Chez Kit est un atelier d'artistes qui se transforme une fois par trimestre en lieu d'exposition - un artist run space comme on dit aujourd'hui -. Lors de leurs précédents événements, ils s'étaient orientés vers des formes classiques, en tentant une fois l'expérience du salon et à deux occasions des accrochages régis par des commissaires. Avec Jeux d'échanges ils ont proposé un concept alternatif.

L'idée est simple, ici le spectateur peut participer, et l'exposition se transforme au fur et à mesure que de nouveaux artistes, confirmés ou totalement amateurs, amènent leurs pièces. En échange d'une oeuvre déposée, le nouveau participant tire un numéro au sort, et repart avec la pièce correspondante. 
Le fait que l'échange soit basé sur le hasard et non pas sur un choix ôte du processus les considérations de gains et de valeur. Ici, pendant un cours laps de temps, tout se vaut, et vous avez autant de chances de repartir avec l'oeuvre d'un artiste connu (on ne résistera pas à la tentation de citer Fabrice Hyber qui est passé jouer, ce qui ne rend pas justice aux jeunes artistes représentés par des galeries qui étaient là aussi) qu'un dessin d'enfant (le parcours était soutenu par la ville de Pantin et a accueilli plusieurs visites scolaires). 
L'exposition présentait donc en permanence une quarantaine de pièces mais changeait au fil des jours de physionomie, en fonction des publics dont elle devenait le reflet. 

Au charme de l'idée, qui vient déranger durant quelques jours la pression marchande, les côtes et les distinctions entre high et low art, s'ajoute le soin mis par les artistes de chez Kit dans la scénographie de leur proposition. 
Les socles et présentoirs composées de matériaux de chantier, qui sont devenus une des marques de fabrique du lieu, dégagent toujours le même charme (OSB for ever). Quand bien même les pièces, prises individuellement, sont d'intensité variables, l'efficacité du dispositif nous permet de toujours considérer la proposition comme oeuvre dans son ensemble. 

Pour ma part j'ai déposé ma sérigraphie, étude pour un motif, Facile, j'aurai pu le faire et suis reparti avec un clou à deux têtes, issu de la série outillage, de Martin Monchicourt









En (sa)voir plus :
Le parcours d'art Coordonnées
Chez Kit

02/02/2016

Back when famous, quelques photos et du texte

Voici le joli texte de Paul Calori, l'un des galeristes de l’œil du vingtième, écris à l'occasion de mon exposition Back when famous. Il prend le temps de revenir sur ma pratique de ces dernières années et explique bien les développements de mon travail et les questions qui le sous-tendent...
Bonne lecture !
ps
pour ceux que ça intéresse, la galerie organise une rencontre avec moi dimanche 7 janvier, les détails ici.
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De prime abord, Back when famous pourrait sembler une sage exposition de gravure, de photographie, de design et de graphisme. Il faut s’approcher un peu pour voir ce qui cloche. Le motif du papier peint qui recouvre un pan de la galerie envoie un message cruel (Tu sers à rien). Les lettres géantes plantées sur la colline d’Hollywood proclament l’absence d’espoir (Hopeless). L’artiste n’est l’auteur ni des photographies, anonymes, ni des gravures, qui sont de Gustave Doré : il s’est approprié ces images afin de les hybrider, ou y greffer du texte. Le meilleur terme pour désigner le travail de David Rybak, jeune artiste diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2011, est celui de collage.
Le collage, tel qu’inventé par Braque et Picasso, se résume à l’origine aux « papiers collés » : découpage et assemblage de matériaux diverses, dans la logique cubiste de figurer l’éclatement du réel. Son emploi par les dadaïstes, surréalistes et constructivistes l’a enrichi d’une dose d’humour, d’une résonance politique et de toutes potentialités du texte imprimé. Aujourd’hui, le terme de collage peut désigner toutes sortes d’hybridation entre supports, de déplacement, de changement de contexte. Dessinateur à l’origine, formé à la gravure, David Rybak a choisi depuis quelques années de placer sa recherche sous ce terme générique, qu’elle prenne la forme de sérigraphies, de dessins ou d’installations.
Pour des raisons de place et d’économie, il pratique d’abord la découpe de manchettes de journaux et le légendage grinçant d’images issues de magazines ou de beaux livres. Dans l’esprit des fausses unes de quotidiens de Keith Haring (1980), sous le bricolage manifeste et l’humour parfois potache, affleurent l’amertume et la mélancolie. Dans sa première série de grands formats de collages sérigraphiés, Les Camps d’attraction (2014), il transplante par photomontage des machines foraines sur des architectures militaires, formulant ainsi une critique explicite de la société du divertissement.
Avec Les Dorés (2014-2015), il greffe sur les illustrations de la Bible par Gustave Doré des éléménts incongrus de sources et d’inspiration diverses, en conservant les titres originaux des gravures. Geste blasphématoire ou véritable interrogation ? Plus instinctifs, moins programmatiques que les précédents, ces collages se prêtent à l’interprétation libre, et les strates de sens se multiplient : humour certes, mais aussi confession biographique déguisée, réaction à un héritage culturel écrasant, court-circuitage déconcertant de l’histoire de l’art. Le travail en série lui permet ici de varier les tons, de cultiver l’équivocité.
La polysémie se resserre à nouveau dans la série suivante, California (2015), qui est une forme de retour à ses papiers collés. On y retrouve ses slogans paradoxaux (Buy one, get one), constats d’échec lapidaires (There’s no turning back), bouteilles à la mer sentimentales (Remember me), greffés ici sur une imagerie d’une Californie fantasmée. Le numérique aidant à gommer les coutures, le texte ne vient plus se superposer au réel, mais se fond dans un paysage déjà bavard : enseignes, placards et frontons géants, lettres monumentales. Ces signaux spectaculaires, devenus clichés moribonds de la culture américaine, semblent ranimés par une colorimétrie saturée et l’électrochoc du mauvais esprit de l’artiste.
Parfois, David Rybak se passe de l’image pour donner directement corps au texte, dans ce qu’il appelle des installations textuelles. Sérigraphiés sur des miroirs, lettres et mots se superposent au visage du spectateur :Après moi le déluge (2010), So what now ? (2011), Quand tu me lis je suis dans ta tête (2012). Dressées sous forme de caissons de contreplaqué, les trois lettres géantes du mot Ego (2012) se parcourent comme une sculpture minimaliste. Ses mots peuvent également se suspendre comme des guirlandes festives (Content pour rien, 2011), ou se fondre dans les murs grâce au papier peint Tu sers à rien (2015). Le texte ne vient plus commenter le réel, mais devient lui-même objet à caractère ludique.
Tous ces bouts de texte accumulés finissent par faire style. Trop prudent pour s’adonner à l’aphorisme ou à l’agitprop, David Rybak préfère les formules toutes faites (Après moi le déluge), les lapalissades (Quand tu me lis je suis dans ta tête), les adresses triviales (Ta gueule et admire), les clichés romantiques (Remember me), la fausse réclame (Buy one, get one). Il adopte volontiers l’anglais, langue du commerce et de la pop culture, de latagline concise et efficace. Ses messages stimulent nos réflexes primaires, nous interpellent à coup de « je », de « tu » et d’impératifs. Ils activent ce que Jakobson appelle la fonction conative du langage, vouée à faire réagir l’interlocuteur, plutôt que ses fonctions descriptives, expressives ou poétiques. Dans quel but ?
David Rybak semble vouloir raviver une relation éteinte entre le spectateur et l’art. Dans un monde où l’image est devenue inoffensive à force d’omniprésence, où tout geste artistique est instantanément récupérée par le marketing et le divertissement, quelles armes reste-t-il à l’artiste ? L’acte du collage, toujours plus libre que l’image et son contenu figé. L’effort de simplicité, qui résiste au piège du perfectionnisme et de la maîtrise technique. L’exercice d’une auto-dérision contre tout esprit de sérieux, sur le fil étroit entre la légèreté et la sincérité. Surtout, la délicatesse qui consiste à laisser ouvert le champ de l’interprétation, à cultiver la multiplicité des niveaux de lecture. A quoi bon proposer au spectateur une œuvre dans laquelle il n’aurait pas la possibilité de prendre parti ?