25/12/2011

Exposition face à face







































Face à Face
une exposition de collages de Clovis Petit et David Rybak
à la Cave à la Bastille,
6 rue Sedaine (métro Bastille ou Bréguet-Sabin)
à partir d'aujourd'hui jusque fin janvier.

vernissage le jeudi 12 janvier
entre 18h et 20h30

05/12/2011

musique, la suite !


Comment se porte votre marché ?

« En France, le marché de l’art se porte bien, merci ».
C’est ainsi que débute l’article de Jean-Michel Normand intitulé « l’art touche le gros lot » (Le Monde magazine, 03/12/11). Derrière cette accroche surprenante se cache un article sur les excellents chiffres des maisons de ventes cette année et autres anecdotes sur les prix de la collection Tintin…

Si de mon point de vue il est difficile de mesurer la vitalité du marché, je peux par contre sans aucun doute affirmer que le monde l’art en France va mal. On a trop souvent tendance à oublier que derrière les quelques stars du milieu et les grands lieux d’exposition se cachent une multitude de personnes que les évolutions des mêmes marchés affectent plus durement que jamais.

On peut parler dans un premier temps des centres d’art de province et de banlieue, ainsi que des petites écoles, dont le budget fond comme neige au soleil, corolaire de l’endettement des collectivités locales n’ayant plus les moyens de les financer correctement.
Certaines institutions ferment tout simplement (comme l'École supérieure d'art de Rueil-Malmaison) d’autres essayent de faire face avec les moyens du bord. Une des options consiste à faire passer tous les postes en contrats d’insertion (voir les offres de travail sur le site de la Cipac). Ces magnifiques CUI permettent à de jeunes diplômés, souvent de master avec une première expérience professionnelle, d’accéder à un emploi au Smic durant 6 mois, renouvelable 2 ans.
On construit ainsi une « économie de château de sable » où tout ce qui est construit sera à refaire, puisqu’il est impossible de garder les gens passée cette durée. Du gâchis pour les lieux d’exposition mais aussi pour les médiateurs ou chargés de projet pour qui aucune évolution de carrière n’est envisageable. 

Cette situation a bien sûr des effets pour les artistes. Budget de montage et/ou de production sont de plus en plus difficiles à obtenir et les bourses de résidences se réduisent.
De plus en plus, toute forme de rémunération ou de gratification disparaît avec l’argument que chaque exposition ou publication est une « vitrine gratuite » (si le travail est montré c’est déjà un privilège). De nombreux jeunes artistes, pourtant régulièrement exposés, sont donc au RSA.
A côté de ces problèmes financiers s’ajoutent aussi la modification des attentes ; les résidences, qui ont souvent pour but de redynamiser les provinces en y créant une activité culturelle, imposent de plus en plus une interaction avec le territoire. Celle-ci vise à recréer du lien social là où il a disparu, on se retrouve donc avec des programmes qui sont assortis à des animations en école et maisons de retraites… et petit à petit on s’éloigne de l’idée de résidence de recherche. 

Tout cela pour dire que, comme partout ailleurs, tandis que les marchés sont à la fête, les travailleurs du même secteur sont toujours plus précaires.

26/10/2011

Enfin du neuf !

Dépression de septembre, rentrée dans le néant d'un post-diplôme fictif, autant de raisons pour une hibernation prolongée à laquelle je suis content de mettre un terme...
Plein de nouveaux projets, et deux petits dessins en attendant les choses sérieuses (réalisés pour le prochain Coltin Grafik autour du thème musique).


15/09/2011

21/08/2011

01/08/2011

Rire






































En souvenir du président de mon jury de 3ème année qui comme conclusion à ma présentation
m'avait annoncé avec son accent d'homme du nord : "l'humour dans l'art c'est fini".
Une assertion qui m'avait surpris et que je n'avais pas vraiment pris au sérieux. Force est de constater malheureusement que c'est un point de vue très partagé.

03/06/2011

Content pour rien, exposition de DNSAP

C'est avec un grand plaisir que je vous invite à voir mon dernier accrochage aux Beaux-Arts de Paris, le mercredi 15 juin, de 14h à 20h.

02/06/2011

do what you want / nothing matters

Deux collages d'un genre nouveau (par rapport à ce que j'avais pris l'habitude de faire)...

28/05/2011

Les iconographes ont leur blog !

























La revue graphique Les Iconographes, entièrement réalisée en sérigraphie aux Beaux-Arts de Paris est enfin visible sur internet. N'hésitez pas à visiter leur blog pour un aperçu de la bête et découvrir les librairies qui diffusent déjà les deux premières éditions.

08/05/2011

L'incroyable mauvaise foi de Jean Clair

Dans un entretien accordé au Monde (daté du 7 mai) Jean Clair vient faire la promotion de ses derniers ouvrages et tirer à boulets rouges contre tous ceux qui, selon lui, détruisent l'art.
Si on peut partager ses inquiétudes et ses interrogations sur le développement d'un marché de l'art spéculatif ou encore sur la transformation de l'art en industrie du divertissement, on reste cependant sidéré par la mauvaise foi des arguments développés.

Revue de quelques points forts de l'interview.

1) "vous êtes très sévère avec les musées"
Jean Clair pointe que l'augmentation de la fréquentation des musées (qui a littéralement explosé) "cache une réalité moins agréable." car "il y a vingt ans, le public comptait 23% d'ouvriers, aujourd'hui on est tombé à 15%. Et le public jeune est passé de 17% à 15%...".
Cette utilisation de statistiques est doublement malhonnête. Pour arriver à une quelconque conclusion il faudrait comparer ces chiffres à l'évolution de la population ouvrière au sein de la société. Nous savons bien qu'en France le monde ouvrier tend à disparaitre... et que nous sommes face à un vieillissement de la population. Cette évolution n'est-elle donc pas que le reflet de celle de la société française ? Le deuxième problème est que les statistiques ne nous donnent aucune idée des chiffres bruts. La fréquentation des musées a tellement augmentée en 20 ans que 17% de jeunes en 1985 représente bien moins de personnes réelles que les 15% des années 2000.

2) "Que pensez vous de la tendance à utiliser les excréments, le sang, le sperme, etc. ?"
"Une esthétique du dégoût semble avoir pris le pas sur une esthétique du goût". Josyane Savigneau ne questionne pas Jean Clair, elle confirme et légitime ses thèses avant de lui céder la parole. Autant laisser une tribune si l'intervieweur n'a aucune envie de mettre en difficulté l'auteur.
ça c'est pour la forme, maintenant sur le fond la proposition est tout aussi critiquable. L'usage du sang, du sperme et de la merde existe bien dans l'histoire de l'art. Des actionnistes viennois à Cloaca de Wim Delvoye en passant par les conserves de Manzoni ou le boudin de Journiac, nombreux sont ceux à avoir ponctuellement exploré cette voie (si tant est que ces pratiques reflètent réellement d'une même voie). Mais il faut bien dire deux choses. Premièrement ce type de pratique est "vieille comme l'art" (on connait des histoires de peinture au sperme qui datent de la Renaissance). Deuxièmement en quoi ces pratiques seraient-elles le reflet de la création contemporaine ?

3)"vous insistez sur le fait que la situation des artistes serait bien plus mauvaise aujourd'hui qu'au 19ème siècle..."      
"Beaucoup de grands artistes aujourd'hui meurent inconnus. Cela fait quarante ans que je fréquente leurs ateliers." J'ai beaucoup de mal à croire que quelqu'un comme Jean Clair ne puisse pas rendre visible des artistes qu'il chérit. Pour moi soit il se protège ici de la critique (je ne suis pas un réactionnaire, il y a des gens que j'aime) ou alors il est atteint du syndrome du dernier des Mohicans ; le plaisir immense à se dire qu'on est le dernier à faire partie d'un monde qui va s'achever avec lui (le monde de l'art vrai)...

4)"La situation actuelle est-elle la conséquence de la faillite de la bourgeoisie éclairée ?"
"Oui. Une certaine bourgeoisie riche et cultivée a été remplacée par de nouveaux riches sans goût (...)." Encore une fois sur quoi s'appuie ce cliché ? Qui seraient en France ces nouveaux riches sans goûts ? Pierre Bergé ? François Pinault ? Bernard Arnault ? Paul Ricard ?

5) Un art sans but
Tous les points précédents ne sont que des détails comparé à la thèse principale de Jean Clair, à savoir que "la volonté de culture a cessé d'être un mouvement transcendant- que ce soit la foi envers les dieux, l’appétit du savoir des Lumières, la spiritualité ou bien encore un idéal révolutionnaire. En un mot l'aspiration à un monde supérieur (...) a disparu".
En annonçant une ère nouvelle où l'art n'a plus de fonction, Clair, loin d'être révolutionnaire poursuit un discours dont Hegel ("l'art est mort" est la phrase choc de son Esthétique), Benjamin ou encore Debray ont posés les grandes lignes.
Victime d'une société profane, cynique et sans idéal, où le visuel prends le pas sur l’œuvre, où la reproduction en masse détruit l'idée même de l'unique, l'art serait voué à disparaître. 
Cette idée est tellement effrayante qu'on en oublierai presque que des artistes continuent de rêver à pouvoir changer le monde et/ou que nombre de nos anciens maitres n'étaient en rien animés d'un désir de révolution spirituel/sociétal mais simplement heureux de vivre dans leurs recherches plastiques...