29/10/2012

Les artistes sont des petites putes

"the art world is no longer satirizable. I suppose there isn’t much going on except business, and that’s not very funny. Ten or fifteen years ago (perhaps it was much longer), it was possible for one artist to call another artist an old whore."
Ad Reinhardt



Crève

Dégradé en sérigraphie , dernière pièce réalisée lors de ma résidence au Frans Masereel Centrum.


22/10/2012

Encore plus de camps...

Aux Beaux-Arts de Paris avait eu lieu dans mon atelier une rencontre entre étudiants, critiques et artistes sur le thème "l'art comme expérience". Chez les "jeunes" le sujet était perçu comme une question sur la nécessité d'entretenir une dimension expérimentale dans le travail, synonyme de prise de risque, de rencontre avec des médiums ou des protocoles de création inexplorés. A l'inverse, le critique a l'origine de la rencontre pensait à l'expérience comme la somme des actions qui produise une connaissance, une maîtrise.
Il est évident qu'un bon artiste ne peut pas qu'être un touche à tout chanceux, dont le hasard ou la grâce divine guiderait la création.Pourtant à l'époque je n'aimais pas trop l'idée de devoir devenir expérimenté, d'une part parce qu'elle implique qu'un jeune artiste a forcément du chemin à faire, d'autre part parce qu'elle pose la répétition comme une nécessité.
En continuant et déclinant le principe des camps d'attraction, je repense à cette discussion et constate que mon point de vue a changé...
Tout ça pour dire que oui j'en ai encore fait des nouveaux.



Blablabla

Ma résidence a aussi été l'occasion de réaliser l'édition de Bla, sérigraphie sur bois dont un prototype avait été montré à l'occasion de l'exposition Jeunesse Dorée. La découpe laser vient de Damengo, bon plan pour ceux qui cherchent une adresse pas chère, devis rapide sur internet.



18/10/2012

Work don't play

Voici une image que nous avons conçue avec Jérémy Berton et qui aurait du être montrée lors de l'exposition traces, signes, écriture à Torcy. Malheureusement notre projet, suite à des désaccords avec la mairie, a été annulé... A l'occasion de ma résidence au Frans Masereel Centrum j'en profite pour lui donner enfin une existence tangible, dans un format certes plus modeste (50/70cm) mais rehaussée d'un fond orange qui ne fait pas de mal...


Birthday Vanitas




10/10/2012

Des nouvelles du Pitch Drop Experiment !

Le film d'animation que nous avons réalisé avec Pablo Melchor a été sélectionné et diffusé lors du Imagine Science Films Festival, à Dublin cet été et à New York cet automne !


La tentation du triangle

Parce que le triangle c'est chic, au moins autant qu'une bonne vieille gravure de ce bon Schongauer !


09/10/2012

FMC, suite

Toujours dans la même série, avec un travail de trame fine sur trame épaisse en bichromie.























Tiré à 5 exemplaires sur Similijapon. 35/50cm

08/10/2012

FMC, premiers tirages

La thématique des camps d'attraction continue de m’intéresser. Étrangement, bien que je ressasse ces formes depuis plus d'un an, j'ai toujours du mal à les conceptualiser. Il s'agit au départ d'une réaction intuitive à ma dernière visite à Disneyland, lorsque j'ai appris que le groupe Disney était aussi propriétaire de toute la zone qui entoure le parc. La fascination pour cette espace urbain où le faux et le réel se rencontrent. Il s'agit ensuite d'un questionnement sur le rapport au paysage, pensé non plus comme espace naturel et neutre mais comme un territoire privé et fermé. Par ricochet on atteint une autre idée, celle d'une société qui se construit de manière défensive, et où le divertissement opère comme un moyen d'aliénation.
Mais il s'agit aussi plus simplement de la création d'images, et voici les dernières de cette série.



Camps d'attraction, tirage à 5 exemplaires sur Marpa Jansen. 40/40cm

Frans Masereel Centrum

Je loge depuis maintenant une semaine au Frans Masereel Centrum. Résidence fondée par le ministère de la culture flamand (donc en Belgique mais chez les néerlandophones) cet espace accueille depuis maintenant quarante ans artistes, illustrateurs, designeurs ou critiques qui ont envie de travailler les techniques d'impression traditionnelles (gravure, litho, sérigraphie et typo plomb).

Avec son architecture originale, la résidence fait penser à une hybridation entre un village de vacances et un centre raëlien. Situé à peu près au milieu de nulle part (Kasterlee ça vous parle ?), le lieu est en fait proche d'Anvers et grâce au Thalys d'Amsterdam et de Bruxelles.

J'y suis pour quatre semaines et après une longue période d'hibernation artistique (du entre autre à plusieurs boulots d'assistants qui se sont enchainés) voici venu l'occasion de redonner de l'actualité à ce blog. Très bientôt mes premières sérigraphies belges !

Frans Masereel Centrum - bâtiment central


































Frans Masereel Centrum - maison atelier d'artiste





21/08/2012

Behance

Je viens de découvrir Behance. Derrière ce nom horrible se cache une sorte de réseau social spécialement conçu pour les créatifs. C'est un peu un linkedin mais avec une grande place pour présenter son travail (image, son, texte et vidéo). L'interface est très intuitive et permet pas mal de customisation. Je n'en dis pas plus et vous laisse découvrir...
Voici le lien vers mon profil : http://be.net/davidrybak

Pussy Riot, qu'attendons nous pour refaire un art politique ?

Il est encore trop tôt pour savoir quelles conséquences l’affaire des Pussy Riot aura ou non sur les mouvements contestataires en Russie et plus largement sur l’avancée de la démocratie dans le pays. La condamnation a deux ans de goulag pour les trois jeunes femmes interpellés suite à une prière punk, performance sauvage dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, a, en tout cas, attiré l’attention des médias étrangers et de l’opinion publique internationale.

Si la police a l’habitude d’embarquer les leaders de chaque manifestation (Limonov explique bien comment l’arrestation est un des moments initiatiques pour l’opposant politique) et si la sanction est finalement d’un an inférieure au réquisitoire du procureur, la sentence reste une surprise.

La vidéo de l’action des Pussy Riot (qu’on trouve facilement sur internet, exposée aussi actuellement au Palais de Tokyo) est tout ce qu’il y a de plus anti spectaculaire. Bas de couleur sur le visage, les jeunes femmes appellent la vierge à débarrasser la Russie de Poutine et se lancent dans une chorégraphie punk qui détonne dans le calme du lieu. Rapidement (on imagine, le montage ne permet pas de voir la totalité de l’action) elles sont maitrisées. Au final aucune violence (rien de détruit, personne n’a été chahuté) mais un geste symbolique, qui, à en croire les conséquences pour les auteures, appuie où ça fait mal.  

Ce procès d’artiste, résolument politique, devrait nous réfléchir à deux choses. Premièrement à la formidable liberté et sécurité que nous avons dans nos pratiques artistiques. Même si certains groupes radicaux ont intentés des actions contre des artistes (procès des caricatures de Mahomet, procès des commissaires et de certains artistes de l’exposition “Présumés innocents”...) nos lois ont toujours protégés les acteurs du monde de l’art et la liberté d’expression. Le deuxième point qui découle directement du premier, c’est la sensation que malgré cette grande liberté, très peu d’artistes s’engagent dans le champ du réel. L’art “engagé” apparait comme une relique désuette des années 60.

Pourtant, et c’est finalement ce qui est le plus notable dans l’action des Pussy Riot, une action artistique peut contribuer au débat politique, en l'occurrence en questionnant le retour en force de l’église orthodoxe et son lien avec le pouvoir politique.


11/08/2012

Jeunesse Dorée, qeulques images de l'exposition

La pièce d'entrée, Sans-titre, production collective, dans l'ouverture on distingue Blabla, sérigraphie sur bois de David Rybak.

Le salon, avec au mur, The dream is everything, sérigraphie sur miroir de David Rybak, au centre le Bonhomme de neige de Jérémy Berton, accroché à la porte la tenue pour la performance Hawaiian Paradise de Nina forlani et au fond les avions de Valentin Faline

Sur le tapis, le Bonhomme de neige de Jérémy Berton au mur la série doré de Sabrina Lestarquit

Les Avions de Valentin Faline, avec au mur une diffusion de ses vidéos

Les Bagues de Nina Forlani

21/06/2012

les camps d'attractions








































Après la série de dessins du même nom, j'ai voulu chercher plus d'étrangeté en gardant le photomontage. Ce dernier est sérigraphié. La trame et la perte d'informations accidentelle soude les éléments du collage et donne un aspect irréel et pourtant réaliste à ces nouvelles structures.
Il s'agit d'une édition à 7 exemplaires sur papier Rivoli.

Paysage défensif

Sérigraphie sur verre, 24/40cm

19/06/2012

Paysage défensif

Paysage défensif, sérigraphie sur verre, 24/30cm

Idem, détail





































Sérigraphie sur verre, réalisée à partir d'une gravure de Dupré, dans le cadre de l'exposition Dialogues à Saint-Benoit-du-Sault.

16/06/2012

Des nouvelles !

Un gros mois sans aucun messages, mais pas sans nouveautés. Après Jeunesse Dorée, mon travail sera de nouveau visible très prochainement à l'occasion de Dialogues. Cette exposition qui prendra place conjointement au prieuré de Saint-Benoît-du-Sault et au musée Delaveau à Gargilesse met en regard les œuvres de 35 artistes paysagistes du 19ème siècle avec autant d'artistes contemporains invités à produire une pièce en écho. Elle sera visible dans ces deux lieux du 1er juillet au 9 septembre !

13/05/2012

Jeunesse Dorée














J'ai le plaisir de vous inviter à passer voir l'exposition Jeunesse Dorée
avec Jérémy Berton, Valentin Faline, Nina Forlani, Sabrina Lestarquit et moi-même.

Cet événement domestique aura lieu du 1er au 3 juin au 9 rue d'Aix, 75010 Paris.
Vernissage le vendredi de 18h à 21h, visite le week-end entre 14h et 18h.


Rencontre avec Gustave Doré


05/04/2012

Quand la parodie tue le sens

Vous avez peut-être suivi le conflit qui oppose en ce moment l’association Les indivisibles et Caroline Fourest. Pour ceux qui n’en savent rien, voici un bref résumé.
Tout commence quand la journaliste (ancienne de Charlie Hebdo pour donner la couleur) se voit attribuer un Y’a bon Award, prix décernés aux personnalités médiatiques auteurs des plus beaux « dérapages » racistes de l’année. En cause, une phrase issue de son discours à la convention égalité réelle, organisée par le PS (le lien ici).  En effet l’exemple des associations qui lèvent des fonds pour le Hamas et organisent des matchs de basket de femmes voilées n’est ni fine ni subtile –s’agit-il d’ailleurs d’une hypothèse ou d’une réalité, ce n’est pas clair dans le discours-.
Néanmoins en écoutant le discours dans son ensemble on comprend parfaitement où Fourest veut en venir et on ne voit rien de raciste. Sa mise en garde contre une construction du multiculturalisme, qui au nom de la diversité, accepterait des usages contraire aux valeurs de la république est tout à fait pertinente.

Tout dans l’attribution de ce prix étonne, du choix d’une personnalité connue pour son engagement féministe et antiraciste, à l’origine de la citation –contrairement à un Zemmour en prime time il s’agit ici d’une allocution très peu médiatique- en passant bien entendue par le contenu du propos de Caroline Fourest…
Sa menace d’un dépôt de plainte a contribué à provoquer un buzz et nombreux sont ceux qui aujourd’hui commentent ce Y’a bon Award et s’en étonnent. Ce qui pousse les organisateurs, l’association Les Indivisibles, par la voix de Rokhaya Diallo puis de Gilles Sokoudjou à se défendre (lien ici).
C’est ici que le sujet m’intéresse le plus. Plutôt que d’argumenter et faire la démonstration du racisme de Caroline Fourest, l’angle de défense est d’invoquer le caractère parodique du prix. Or s’il y a sans aucun doute de l’humour dans l’entreprise des Y’a bon, en quoi sont-ils parodiques ? Il s’agit certes d’une sorte d’anti-award, puisque a priori personne ne désire le gagner. Mais aussi bien dans son fonctionnement -un jury, un public, des votes, des nominés, un gagnant- que dans sa finalité -mettre la lumière sur les plus grosses sorties racistes de l’année- il s’agit bien d’un prix.
A travers cette argumentation la porte-parole et le président des indivisibles se rendent-il compte qu’ils décrédibilisent leur action ? Dès maintenant si un autre vainqueur se verra questionné au sujet de sa présence aux Y’a bon, il lui suffira de répondre, tout sourire, « vous savez c’est juste parodique ».

A vouloir jouer entre farce et critique, spectacle et démonstration, on finit comme beaucoup de shows d’« infotainement » ou de « mokumentary » à n’être plus ni juste dans ce qu’on dénonce, ni vraiment drôle. Et à tour à tour se réfugier derrière son engagement ou sa légèreté de ton lorsque l’un des deux points devient trop faible.

D'autres articles sur le sujet
dans les Inrocks lien 1, lien 2
sur Rue89 lien 1
l'article de Sophia Aram dans Libération ici
enfin les liens vers le blog de Caroline Fourest et le site des Indivisibles

Petites images pieuses

Parce que tout ce qui est doré nous attire l’œil, et que les thèmes religieux occupent une grande partie des livres de peintures, voici une petite série de collages de mécréants, toujours en collaboration avec Clovis Petit.


Toujours plus de collages

Maintenant que notre petite expo de la Cave à la Bastille est finie, nous avons enfin le temps de scanner les collages réalisés en duo avec Clovis Petit.


17/03/2012

The Pitch Drop experiment

Images en avant première du film d'animation que nous avons réalisé avec Pablo Melchor. Produit par Emily Wiles, sur une idée originale du Dr. Olivier Tresca.

 


08/02/2012

Le baton est la carotte

Encore un essai technique, combinaison collages-dessins, début d'une série de cartoons sur une actualité revue et corrigée.

07/02/2012

crâne en pixel

Comme tous ceux qui travaillent l'impression, un jour ou l'autre, il fallait que j'explore les mystères de la trame... Mais plutôt que de sérigraphier du pixel photoshop, j'ai eu envie de prendre le temps du dessin, de redonner de la maladresse humaine dans une construction implacable.

24/01/2012

Lancement du dernier Coltin Grafik


Music,
avec les dessins de : Loren CAPELLI , Annie-Christine BLANLOEIL, Pierre BOUILLÉ, Louis BOURSIER, Anita GALLEGO, Anne GOROUBEN, GUACOLDA, Patrick JANNIN, Violaine MARLANGE, Charlotte MOLLET, MOYA, MUZO, PAELLA, Émilie POGGI, David RYBAK, Yvonne SABELÈTE.

Lancement au festival d'Angoulême, du jeudi 26 au dimanche 29 janvier 2012, espace BD alternatives. Signatures et dédicaces sans moi cette année mais retrouvez Nicolas TABARY (du 26 au 29 janvier), Annie-Christine BLANLOEIL (jeudi 26 janvier) et Émilie POGGI (dimanche 29 janvier).

Toutes les infos sur le site de Siranouche.

Couverture (image ci-contre)
Loren Capelli

15/01/2012

lancement du blog Parlons Art

Ce blog a pour but d'être une plate forme de réflexions, critiques et débats sur le monde de l'art. Il a l'ambition de devenir un espace de rencontres (virtuelles d'abord mais pourquoi pas physique ensuite) entre passionnés bavards.
Si bien sur les textes sont les matériaux les plus recherchés, photo, dessin, collages et autres sont autant de contributions possibles.
Dans un premier temps vous pouvez me mailer ce que vous souhaitez publier (parlonsart@gmail.com), les contributeurs réguliers pourront devenir administrateur du blog pour plus de simplicité.
En espérant avoir de vos nouvelles !

12/01/2012

Guy Bedos, Rideau et les autres

Hier soir j’ai vu Guy Bedos pour sa dernière tournée. Les lumières sont allumées, les gens s’assoient encore, une ovation débute,  François Hollande entre dans la salle. Il a une bonne tête, un air sympa. Cet invité surprise va donner du sel à la représentation, Bedos alterne adresse directe pour le prévenir des piques qui lui sont destinées et clins d’œil improvisés.
Ce qui est agréable quand on va voir Bedos c’est qu’on se retrouve en famille, comme aux primaires socialistes.

Dans sa revue de presse, qui occupe la plus grande part du spectacle, le camp est clairement choisi. La droite s’en prend dans la tronche, quand les petites blagues sur les dirigeants de gauche sont souvent précédées d’un « lui (ou elle) je l’aime bien ».
Malheureusement le « semi vieillard » comme il se nomme lui-même ne fait pas toujours mouche, l’équilibre entre finesse de pensée et plaisanterie bien lourdingue n’est pas toujours trouvé et/ou souffre de moments où la machine se grippe. Quelque fois la diction précipitée de Guy s’interrompt, la perte du rythme fait dérailler la vanne, qui tombe à plat. Mais cet instant désagréable ne dure jamais et toujours il repart.
Le show s’achève sur une note touchante, où Bedos invite le public mais surtout les artistes à s’engager et à se défendre.

La posture de Bedos, son militantisme sur scène, reste quelque chose de fascinant. Il fut un temps où il était loin d’être le seul, où les acteurs et humoristes engagés pullulaient, mais aujourd’hui il semble être une relique du passé (Coluche est mort depuis longtemps, Josiane Balasko et Muriel Robin aussi).

Les plus jeunes, qui n’ont vécus ni 68, ni l’émotion de 81 se foutent un peu de tout ça. Je ne peux m’empêcher aux derniers one man shows que j’ai vu. En gros je vois deux postures. Les cyniques, qui tapent sur tout le monde, de Guillon à Gaspard Proust, dans une tendance anarchisto-nihiliste chic et ceux, toujours plus nombreux, qui se concentrent sur la sphère intime. Chez ces derniers aucune trace, pas un soupçon de sous-entendu, comme chez Gad Elmaleh ou Audrey Lamy (et par extension les équipes des séries à succès  scènes de ménage sur M6 et de manière encore plus prononcée Bref sur Canal+).  

Ce que je retiens, je sais pas encore… à suivre.

03/01/2012

Qu'est ce que l'art aura à dire en 2012 ?





































Question importante et occasion de continuer à tester les possibilités de la colorisation des dessins avec photoshop...

ps :
d'après les outils statistiques, il y a des regardeurs à toutes ces petites choses que je poste, soyez pas timides, lâchez vos com' !!!